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Sensibilisation des élèves

Le Plan de mobilité scolaire est l’occasion d’une sensibilisation des élèves à l’écomobilité.

Diverses actions pédagogiques doivent leur permettre de devenir des acteurs de la démarche. En principe, les activités pédagogiques se déroulent dans toutes les classes. Si cela n’est pas possible, une ou plusieurs classes relais seront choisies, dans lesquelles enseignants et élèves sont impliqués.Les classes relais permettent d’expérimenter des activités qui pourraient être présentées ou utilisées par d’autres classes ou par l’école dans son ensemble.

Le matériel produit par les enfants (plan du quartier, réflexions sur l’aménagement du chemin vu par les enfants) peut être utilisé pour monter une exposition à l’occasion d’une fête ou d’une soirée de parents, pour créer un petit journal à l’intention de l’école, des parents ou du quartier.

Les ateliers ou projets à développer avec les élèves à propos d’un Plan de mobilité scolaire portent sur les liens entre déplacements et mobilité avec l’environnement, la santé, la sécurité routière, la citoyenneté.

Ces thématiques sont présentes dans le Plan d’études romand. A travers ces ateliers, des compétences sont mises en œuvre en mathématiques, en arts visuels, en sciences de la nature, en géographie/repérage dans l’espace, en éducation civique, et bien sûr en français. Des exemples précis sont cités dans notre page sur le Plan d’études romand.

Participer à un plan de mobilité scolaire ne doit pas donner du travail supplémentaire ni détourner les élèves d’apprentissages prévus dans leur programme. Au contraire, une démarche bien conçue peut permettre à une classe de réaliser de façon dynamique et concrète des objectifs du Plan d’études romand.

Un Plan de mobilité scolaire est une démarche relativement longue et complexe qui fait appel à des connaissances diverses, dont des compétences techniques.

Une association de parents dynamique et motivée, qui réunit certaines ou toutes ces compétences, peut mener un PMS de manière autonome ou en conduire certaines étapes. C’est à leur intention que nous détaillons ici cette méthodologie « do it yourself » et mettons à disposition une feuille de route et des conseils pratiques.



1. Mener le jeu avec un groupe de travail

Un noyau de personnes motivées portera l’essentiel de la dynamique pendant à peu près une année. Le suivi des projets durera un an pour la plupart des actions décidées (sauf les aménagements routiers). Etablir une feuille de route est utile.

Qui lance l’opération?

Un petit groupe pilote
: La demande de réaliser un plan de mobilité scolaire peut venir d’une direction, des parents, des enseignants ou de la commune. Un noyau de personnes motivées lance l’opération. Le groupe de travail constitué mènera le jeu pendant toute la durée du projet.

Des personnes motivées: 
Mieux vaut un groupe de quatre à cinq personnes motivées qui s’adjoindra des compétences et accueillera d’autres personnes au fil du projet qu’un grand groupe lourd à réunir.

Des acteurs-clés en lien étroit avec l’établissement:  
Le noyau de départ doit impliquer des acteurs-clé indispensables:  un membre de la direction ou une personne qu’elle délègue, un enseignant, un parent de l’Association des parents d’élèves (si elle n’existe pas, un parent  proche de la structure représentative de l’établissement). L’une de ces personnes au moins doit être membre du Conseil d’établissement ou de la Commission scolaire, afin d’assurer un lien étroit avec celle-ci.

Si c’est la commune qui demande le projet, elle enverra un délégué dans le groupe. Si c’est l’établissement qui lance la démarche, il faudra informer la commune du projet et signaler qu’un délégué est souhaité au moins pour les étapes 4 et 5.

Combien de temps?

Six mois à un an pour décider des actions à lancer: 
L’essentiel du travail va être accompli la première année, dans une période de 6 mois à 1 an une fois le groupe constitué.

Suivi à assurer la deuxième année: 
La deuxième année sera plus légère pour le groupe pilote: il s’agira de vérifier le suivi des actions décidées. Certaines seront rapidement menées. Des mesures comme les aménagements routiers prendront plus de temps.

Avec quels moyens?

Deux moments demanderont du temps : le dépouillement des questionnaires remis aux parents des élèves et la réalisation du diagnostic des points noirs.

1 ou 2 personnes du groupe de travail peuvent-elles y consacrer du temps? Faut-il trouver des ressources à l’extérieur? L’école ou la commune dispose-t-elle d’un budget pour financer cette phase du projet?

Comment démarrer?

Etablir une feuille de route peut être utile pour voir quels sont les besoins de chaque étape et les ressources à disposition.

Informer les enseignants: 
La première action à mener sera de faire connaître le projet à la commune, à la direction de l’école et aux enseignants pour les intéresser et obtenir la collaboration d’une ou deux classes.

Quelques conseils

Suite aux actions menées dans d’autres pays, voici quelques conseils:

Désigner un champion
: Désigner un « champion » dans le groupe de travail, une personne d’accord de porter la dynamique et les couleurs du projet (comme dans les tournois du Moyen-Age !). On peut aussi l’appeler chef de projet, dans un style plus managérial.

Demander de l’aide pour le démarrage
: Lors d’une première réunion, le groupe de travail peut contacter un expert de l’ATE, afin de se faire aider pour le démarrage et l’établissement de la feuille de route.

Collaborer avec une classe: 
S’assurer la collaboration d’une ou deux classes avec des enseignants motivés, grâce à des projets scolaires qui pourraient être utilisés pour sensibiliser la communauté scolaire. Si possible, avoir une classe-relais pour chaque cycle d’enseignement (une pour les petits, une pour les moyens).

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2. Poser des questions et récolter des informations

L’enquête doit permettre d’identifier les habitudes de déplacement des élèves, de relever les points dangereux sur les différents chemins de l’école et de visualiser les trajets domicile-école de la majorité des élèves.

Questionnaire pour les parents

Un questionnaire est distribué à tous les parents par les élèves (par la fourre de l’élève/le cahier maison-école, etc.).

A l’aide de quelques questions très simples, qui doivent être compréhensibles pour qu’un parent non-francophone puisse y répondre avec son enfant, trois types de renseignements vont être récoltés :

  • Les habitudes de déplacement :
Comment les élèves de cet établissement viennent-ils à l’école ? En voiture, à pied, en bus, à vélo ? Sont-ils seuls ou accompagnés ?
  • Les points noirs :
Une carte du quartier jointe au questionnaire permet aux parents d’indiquer les points noirs du trajet fait par leur enfant (endroits où la sécurité de leur enfant leur semble être menacée).
  • Les itinéraires prioritaires :
La simple mention de l’adresse permettra de visualiser les lieux de domicile des élèves et les parcours les plus utilisés jusqu’à l’école.

Itinéraires cyclables du quartier

La carte des aménagements cyclables du quartier sera utile pour la phase d’analyse et de propositions. Elle pourra être obtenue auprès de la mairie ou de l’association Pro Vélo.

Questionnaire pour les enfants en classe

Les enseignants font remplir en classe un questionnaire par les élèves: c’est l’occasion d’une première sensibilisation en classe.

Questionnaire pour les enseignants

Un questionnaire adressé aux instituteurs/institutrices permet aussi de connaître les modes de déplacements du corps enseignant ainsi que leurs lieux de provenance.

Conseils

  • Les Anglais ont réduit leur questionnaire à 2 questions ! Plus il y a de questions, moins le taux de réponses est élevé et plus le dépouillement est lourd et coûteux.
  • Ne pas oublier de demander le prénom, l’âge et l’adresse complète des élèves (les noms de famille ne sont pas nécessaires).

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3. Analyser les données

Cette étape consiste à dépouiller les réponses obtenues au moyen des questionnaires et à analyser les données réunies sur les élèves et les enseignants.

Les habitudes de déplacement

  • A l’école primaire, prévoir deux graphiques : pour les 4-8 ans, pour les 8-12 ans.
  • Compter les réponses pour créer le graphique des modes de déplacement, sur le modèle du « gâteau » ou du « camembert ».
  • Inscrire les chiffres récoltés dans un tableau Excel pour produire un graphique.

Les points noirs

  • Reporter sur un plan du quartier les points noirs répertoriés. La grosseur du  point dépendra du nombre de fois que le lieu est cité.
  • Etablir une fiche par point noir. Chaque fiche de diagnostic contient la description du problème, si possible une photo à une heure de trafic, et une suggestion de solution.
  • S’inspirer d’exemples de fiches déjà réalisées. Eventuellement, demander une relecture par un spécialiste de l’ATE.
  • La commune peut aussi mandater le bureau-conseil ATE pour établir les fiches-diagnostic.

Les itinéraires majoritaires

  • Obtenir une carte du quartier avec les numéros d’immeuble ou imprimer un extrait de Google Maps qui contient quelques numéros d’immeuble par rue.
  • Inscrire sur chaque tronçon de rue/bloc d’immeubles le nombre d’enfants y habitent.
  • Tirer un trait de couleur différente pour chaque itinéraire (comme une carte de bus). Les itinéraires devenus arc-en-ciel, donc très fréquentés, seront ceux auxquels il faudra prêter le plus d’attention.
  • A propos du questionnaire enseignants, ceux-ci n’habitent pas forcément le quartier : utiliser le numéro postal et établir la liste des 4 ou 5 provenances prioritaires.

Conseil : si l’école est d’accord de fournir les listes d’adresse des classes, ce travail peut se faire sans attendre le retour des questionnaires.

Une occasion pour informer

Les données sont récoltées. Cela peut être le moment d’informer des résultats pour sensibiliser la communauté scolaire et montrer qu’il s’agit d’agir ensemble : information dans la fourre des élèves, petite exposition des données dans le hall de l’école, profiter d’une soirée de parents de l’école pour présenter les résultats, inviter un spécialiste à la réunion de la Commission scolaire ou du Conseil d’établissement pour présenter les résultats et ouvrir cette réunion à tous les parents et enseignants intéressés et inviter la commune.

Analyser les données

A ce stade, quatre types d’informations sont à disposition :

  • le « gâteau » des modes de déplacement (4-7 ans et 8-12 ans)
  • la carte des points noirs
  • la carte des itinéraires majoritaires
  • la carte des pistes cyclables

La fiche d’analyse répondra aux trois questions suivantes :

  1. Peut-on dégager des facteurs principaux d’utilisation de la voiture?
Est-elle causée par une inquiétude quant à la sécurité routière, au fait de laisser son enfant seul sur le chemin?
  2. Quels modes de déplacement peuvent être développés dans le quartier et quelles solutions envisagées?
    • Un indice pour l’analyse: si le taux d’accompagnement en voiture des 8-12 ans est aussi élevé que celui des 4-7 ans, il y a certainement un problème de sécurité du chemin de l’école. Mettre alors l’accent sur la sécurisation des points noirs.
    • Quels points noirs doivent être sécurisés ? Etablir une hiérarchie des points à sécuriser en priorité (points de passage très utilisés ou particulièrement dangereux).
    • Des itinéraires majoritaires se dessinent-ils de façon évidente? Faut-il créer une ou des lignes de Pédibus ? Un Vélobus ?
    • Un itinéraire suit-il un axe de transport public ? Faut-il proposer aux enfants de la même rue de prendre ensemble le bus ?
    • Manque-t-il un tronçon de piste cyclable ?
    • Dans de grandes communes, si plusieurs provenances sont disséminées dans un même secteur, du co-voiturage peut-il être envisagé ?
  3. Une fois ces solutions envisagées, quelles mesures concrètes autres que la sécurisation des points noirs pourraient modifier le comportement des familles/des enseignants?
    • Manque-t-il des infrastructures ? Un abri à vélo, un lieu pour cadenasser les trottinettes ? Faut-il envisager de sécuriser le lieu où les voitures déposent les enfants : créer un dépose-minute ailleurs que devant l’entrée de l’école ?

    Manque-t-il des liens entre les familles du même quartier ? La manière de lancer une ligne Pédibus ou du co-voiturage sera différente dans un quartier où les familles ne se connaissent pas du tout.

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4. Décider d’un plan d’action

En fonction de l’analyse faite, il faut ensuite choisir les actions prioritaires à mener et les inscrire dans un plan d’action.

  • Si la commune est à l’origine de la démarche et participe au groupe de travail, lui remettre la liste des actions qui la concernent et demander une aide financière pour les démarches à faire par l’école.
  • Si l’école est à l’origine de la démarche, inviter un représentant de la commune pour discuter ensemble du plan d’action.

Les points noirs du trajet à sécuriser

Choisir les points noirs prioritaires pour l’école/les parents et contacter les autorités responsables pour qu’elles proposent des mesures d’assainissement. Il est important de tenir également compte de l’inquiétude subjective des parents et de tenter d’y répondre par des mesures organisationnelles par exemple.

Suivant les cas, il peut être utile d’organiser une rencontre de « diagnostic en marchant » : il s’agit de se rendre sur place à pied avec les fonctionnaires municipaux et de passer en revue les points noirs décrits. Le diagnostic en marchant sensibilise rapidement les autorités.

Choisir les projets

Choisir les projets qui auront le plus d’impact pour améliorer la mobilité scolaire et le plaisir du chemin de l’école. Les solutions seront évidemment différentes dans un contexte urbain au trafic dense ou campagnard.

  • lignes de Pédibus quand des petits sont majoritairement concernés : combien de lignes faut-il lancer et sur quels trajets ?
  • pour les plus grands, penser au Vélobus dans les communes qui s’y prêtent et demander l’infrastructure nécessaire (parkings/abris à vélo).
  • proposer une charte pour des camarades prenant le bus/le tram ensemble.
  • faut-il demander la création d’une zone 30 ou 20 aux abords de l’école ?
  • co-voiturage : proposer aux parents de se mettre en lien et leur remettre un document pour s’organiser.
  • sécuriser l’arrivée des voitures devant l’école (organiser un lieu dépose-minute qui ne soit pas situé devant la porte de l’école ; imaginer un mini-Pédibus depuis un parking proche de l’école).

Formaliser un plan d’action

  • identifier les mesures qui auront le plus d’impact (en bleu) et les mesures les plus faciles à réaliser (en jaune). Les mesures vertes (bleues+ jaunes) seront prioritaires.
  • inscrire les mesures retenues en précisant dans quel temps elles devraient être réalisées : court terme/moyen terme/long terme.
  • distinguer les mesures à réaliser par la commune (C), par l’établissement scolaire (E), par l’association de parents ou les parents (P).

Communiquer est essentiel à la réussite de toute la démarche

  • C’est le moment de sensibiliser la communauté scolaire : présenter le plan d’action proposé, l’améliorer avec les personnes intéressées.
  • Contacter les autorités communales, faire une présentation au législatif de la commune ou à la commission en charge des questions de circulation.

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5. Mettre en oeuvre les projets et gérer le suivi

Organiser la réalisation des projets et prévoir le suivi des mesures lancées. Prévoir quelques mois plus tard un bilan, afin de prendre acte des résultats et les faire connaître. Vérifier l’utilité des actions lancées et prévoir les corrections nécessaires.

Une fois le plan d’action déterminé…

  • fixer des délais de réalisation raisonnables pour chaque projet.
  • déterminer des responsables pour la réalisation de chaque projet.
  • fixer un objectif global de report modal qui permettra d’avoir un fil rouge pour le suivi. Ex : atteindre en deux ans une augmentation de 10% d’enfants venant à pied ou en vélo.

Evaluer régulièrement l’avancement des projets

  • comprendre pourquoi l’un ou l’autre a plus de difficulté que prévu et prendre les décisions en conséquence.
  • adapter le planning et diffuser l’information aux partenaires impliqués (commune, structure de participation de l’école, APE, etc).

Planifier une évaluation du plan de mobilité scolaire après deux –trois ans

  • redonner un questionnaire avec les mêmes questions et comparer.
  • s’il y a eu installation d’une zone 30, la commune doit évaluer la mesure après 1 an, en vérifier le bien-fondé et proposer d’éventuelles corrections.

Informer des résultats, par exemple à l’occasion de la journée internationale « A pied à l’école ».

Conseil : si vous prenez le temps de nous donner vos réactions, nous pourrons améliorer le processus et mettre en ligne certains de vos exemples. Merci de prendre un peu de temps pour que ceux qui vous suivront puissent profiter de votre expérience !

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